Monsieur Joe, le défi

Monsieur Joe

Pour sortir des sentiers battus, pour ne pas faire la course à la dernière actu et au buzz… Engine Your Sound fait le souhait que des personnalités de la musique interviennent régulièrement dans l’univers de ses auteurs.
Joueuse, moi, La Manoeuvre je leur propose de me coller un défi.
Pour cette première édition, c’est avec beaucoup d’estime que je reçois le défi de Joe, ou Monsieur Joe. Si tu veux le trouver sur les Internets on te le présentera comme l’acolyte de Philippe Manoeuvre, puisque qu’avec lui, il co-anime l’EXCESsive Vinyl Session #LXVS tous les soirs à 18h sur Ouï FM ( »la radio plus libre plus rock », qui MALHEUREUSEMENT n’est pas disponible à Rennes. Je le déplore souvent quand je passe la frontière bretonne…). Bref aujourd’hui, il fait équipe avec une autre Manoeuvre (j’arrête là les blagues sinon je vais vous perdre).

Jour 1.

Mon défi n’est toujours pas déterminé, pour patienter je me dis que je ferrais bien de commencer cet article. Faire des recherches sur Joe on ne sait jamais, je me dois de soigner sa présentation… Au final je ne ferrais rien mis à part écouter l’album d’ALT-J, il est trop beau.
22h25 le défi tombe, j’ose pas l’ouvrir. Mon téléphone m’affiche le début du défi, je me dis que ça a pas l’air difficile et m’endors paisiblement.

 Jour 2.

Au réveil, je lis la tâche à relever :.  »Écris une critique hyper enthousiaste sur un album que tu détestes profondément en essayant vraiment de mettre à jour ses qualités (même si pour toi elles n’en sont pas) et d’argumenter sur le pourquoi c’est génial. Écris une deuxième chronique, cette fois-ci tu descends un album que pourtant tu adores. »
Bon, je fais moins la maligne : je ne vois pas du tout quel album que je n’aimerais pas, pour la simple et bonne raison que si je ne l’aime pas, je ne l’écoute pas et encore moins le possède. Je me dis que la première étape est d’aller chercher celui que j’adore dans ma voiture.

Jagwar Ma – Howlin
Noté 9/10 NME, juin 2013

Jagwar Ma

Le disque le plus ennuyeux de la terre. Je ne remercie pas RingoDeathStar ainsi que le vendeur de la Fnac de m’avoir décidée à acheter cet album. On était là, tous les trois, je leur racontais que j’aimais bien les petites vignettes sur les albums, que même je les laissais (oui je les décolle du plastique pour les remettre sur la pochette, si j’ai le malheur de la déchirer je ne vous raconte pas comment ça me rend triste). Celui-là n’en avait pas, et le vendeur me défiait justement de prendre le risque, c’est n’était rien d’autre que de la publicité, du marketing. Vous avez bien lu le mot défi ? Ça explique tout, je n’ai pas voulu qu’il me prenne pour une petite joueuse ou pire encore une vendue. Avec l’intitulé  »stratégies publicitaires » de mon master, il va pas m’apprendre mon métier. Je repars avec Howlin.

Ce que je disais plus haut est donc complètement faux. Il ne me lasse pas. Je respire tout ce que j’ai besoin pour vivre dedans. À commencer par la voix de Gabriel Winterfield qui fleure bon celle d’un de vos petit ami pécho à l’adolescence. En démarrant avec What Love il vous invite à l’aventure, sur Uncertainty il confirme le voyage. Elle est fraiche et sensuelle, masculine en devenir, rien que ça c’est irrésistible. Rajeunissant, cet album exhale la danse. Il attend quoi l’autre cité plus haut pour notre en mettre dans les #DLM ? Howlin va vous ramener, j’en suis certaine, à vos vieilles amoures. Je l’ai écouté en boucle la première semaine que je l’ai eu. RDV à la 3e piste où vous êtes déjà dans un autre pays, surement le leur à savoir l’Australie (The Banger va être contente, oublie Tame Impala direct), vous le sentez donc l’exotisme sur The Throw ?
Ensuite vous revenez plutôt à Londres (revival des Beatles), on passe à du plus rock, on vire dans un melting pot musical quasiment parfait. On a toujours le popotin en action, on va même jusqu’à se rappeler les yéyés. En fait c’est simple : tout l’album s’enchaine parce que le duo puise dans différents genres pour cultiver quelque chose de jouissif : en electro, pop, groove, rock’n’roll…

Album que j’aurais aussi pu adorer (comprendre haïr) : Wave Machines (il n’y a que  »III fit » de cool). 

Jamiroquai – Rock Dust Light Star
7e album du groupe, novembre 2010

 Jamiroquai

Dès que j’insère ce disque dans le lecteur de ma voiture je me sens pousser des ailes, je me sens vraie rideuse. Non ça c’est des conneries, et je comprend mieux les reproches écologiques que l’on peut faire à Jay Kay. Il ferrait mieux de piloter exclusivement des voitures sportives plutôt que d’essayer d’auto-produire ses albums. Cet album ça faisait 5 ans que le public l’attendait.
Et puis rien qu’à sa couverture déjà ce disque m’énerve : la photo a été prise aux Vieilles Charrues, au premier rang un de mes proches s’y trouve. Il s’en vante, je n’étais pas présente. Ça me dégoute.

Le meilleur du disque est tout au début, le reste ne sert qu’à combler. Jamiroquai aurait donc dû se contenter d’un EP de 4 titres. On s’amuse que sur ceux là (les quatre premiers), ça manque d’ambition, on tatillonne mais on ne va pas plus loin. En même temps on se repose sur ses lauriers au bout de sept albums, c’est ça ? Alors on va pas sortir un EP, parce qu’on attend de nous beaucoup : au moins 10 titres de ouf, des concerts… (J’ai même lu qu’un fan espérait à plus grandiose concernant la promotion marketing du groupe, genre des gros panneaux, un stand spécial….). Mais rien de tout ça, juste des têtes de gondoles à l’époque, heureusement ! Je vous rappelle que cet album est un leurre, rien ne sers d’aller trop loin dans l’écoute. Quoique si aller, il est possible d’emballer avec la ballade ratée de Blue Skies, suffit que votre proie soit… je sais pas… une Harley ! Ils ont réussi à casser le tout petit élan qu’on pouvait avoir pour eux, comment ? Je n’arrête pas de vous le dire depuis des lignes : le placement commercial pour faire des bons singles et puis plus rien, des musiques de fond de bar.

J’aurais aussi pu détester ici ALT-J, les Kills, OK GO… en fait il suffit d’aller dans ma voiture pour y trouver mes Cds favoris. Un album qui s’écoute sur la route en est un très bon, c’est comme ça que je vois les choses. 

Joe Ouï FM

Défi relevé ! Bien ou pas… Je ne sais pas ! Tout ce que je peux dirais :

-j’ai commencé par craché mon venin sur Jagwar Ma sur tout un paragraphe avant de me rendre compte que je devais produire le contraire.

-d’ailleurs j’ai eu un blocage, j’ai mis du temps à reprendre ce post. Je me sentais coupable d’apprécier peu à peu l’album. Mais c’est peut être ça le vrai challenge…

-je ne sais pas si je peux continuer à vivre en n’aimant pas (trop) un album bien noté par l’ensemble des critiques. Et puis je crois que je l’aime bien en fait, mais je mentirais si je disais que je l’ai pas détesté au début.

3 comments on “Monsieur Joe, le défi

  1. Pingback: (Live) Apple Jelly à l’Espace B | Engine Your Sound

  2. Pingback: Naïve New Beaters, le défi | Engine Your Sound

  3. Pingback: THE FUNK, THE WHOLE FUNK & NOTHING BUT THE FUNK #3 | Engine Your Sound

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *